ETRE ADOPTEE ET DEVENIR MERE A SON TOUR

<<IL FAUT UN  COEUR SOLIDE POUR AIMER, MAIS IL EN FAUT UN ENCORE PLUS FORT POUR CONTINUER A AIMER APRES AVOIR ETE BLESSE>>

C’est un post plus intime que je vous livre aujourd’hui. Non pas pour me jeter en peinture mais pour partager mon expérience pour ( peut être) en toute humilité permettre à certaines d’entre vous de vous délester d’une forme de douleur viscérale qui vous empêche de vous réaliser dans l’un des plus Beaux rôles d’une femme: DEVENIR MERE.

Être maman pour la première fois est pour toutes une expérience de Vie exceptionnelle tant elle met tous nos sens en éveil, en questionnement. Pour autant ces mamans en devenir auront la possibilité d’apprendre sur la grossesse, sur l’allaitement, sur leurs ancêtres, sur les maladies dites héréditaires, sur les ressemblances et tant d’autres domaines. Elles pourront partager une expérience commune avec leur propre mère.

Pour une enfant adoptée comme moi et tant d’autres, la 1ère grossesse peut être un combat…contre soi même.

En effet, adoptée à 16 mois, j’ai toujours souhaité fonder une grande famille. Loin de moi l’idée que le premier accouchement que je vivrais serait aussi douloureux sur le plan émotionnel. La grossesse s’était déroulée sans aucun problème, comme sur un nuage constatant mon corps évoluer. Plus mon ventre s’arrondissait, plus je sentais mon Bébé bouger et mieux je me sentais. Je vivais ma grossesse de manière très instinctive et avec une forme d’insouciance, laissant mon Bébé se construire en moi. J’étais son sanctuaire.Une véritable gratitude m’envahissait: je pouvais donner la vie alors que ma mère adoptive n’avait pu devenir mère biologique et alors que ma mère biologique avait fait don de mon petit être à un orphelinat indien ( vous suivez? :-))

Le jour de l’accouchement fut comme irréaliste.  Ma fille découvrait le monde du haut de ses 47 cm et de ses 2kg800 mais ce petit corps posé sur moi n’a soudainement été qu’un révélateur de questions : comment ma mère biologique a pu me confier, faire don de moi ( certains diront abandonner mais je retiens le mot don dans ce terme)? A qui mon enfant ressemble t elle, ressemblerait-elle? ( hors mis ses parents que nous sommes)? Et là ce fut comme un ras de marée de larmes qui m’engloutissait. Tout le monde se réjouissait autour de notre petite fille (1ère de la famille, 1ère dans notre cercle d’amis) et moi-même j’étais comblée évidemment de cette jolie fleur d’Amour mais intérieurement, viscéralement je saignais de ne pas savoir d’où je venais et où je pourrais conduire ma fille, vers quel avenir? Allait-elle porter mon histoire comme un fardeau alors qu’elle n’était responsable que de mon bonheur de devenir mère? Il m’aura fallu 9 mois ( le temps d’une grossesse me direz-vous: il n’y a pas de hasard dans la vie) pour me faire violence intérieurement pour ne pas sombrer dans le regret, la nostalgie, la rancoeur, la colère.  Je me devais de construire pour ma fille un avenir, SON avenir.  Elle ne devait pas se sentir coupable de tous ses ressentis. Alors chaque matin était un combat contre moi même, contre mes douleurs les plus refoulées qui faisaient à nouveau surface. J’aimais ma fille avant même sa conception mais j’avais peur de l’aimer. Il est des paradoxes de sentiments parfois qui nous empêchent de nous réaliser. Je sentais en moi, le Besoin soudain de retrouver mes racines.

Aux 2 mois de ma fille, j’étais toujours préoccupée par des questions existentielles sur mes origines. Je décidai donc de prendre le téléphone, de me renseigner auprès de l’association située à Paris pour convenir d’un rdv pour avoir accès à mon dossier d’adoption. Je me souviens comme si c’était hier de ce fameux jour de juillet 2005 où mon mari, ma fille et moi nous sommes déplacés. Dans la voiture, j’étais à la fois anxieuse, confiante, excitée, optimiste. Une fois arrivée, une personne peu chaleureuse nous a ouvert les portes ( brrrr). Nous avons été installés dans une salle où nombre de documentations étaient affichées aux murs. Soudainement, une femme m’a présenté mon dossier. J’avais le coeur qui battait à fond: joie ou tristesse je ne sais plus tant mes sentiments étaient ambivalents. J’ouvris le dossier: RIEN. Que des pièces purement administratives sur le plan légal, sanitaire. Je cachais ma peine, ma déception. Je me souviens avoir regardé ma fille en pensant: << je ne pourrai rien te dire.>> Pas un mot dans la voiture sur le chemin du retour. Un choix s’offrait à moi: sombrer dans la douleur de l’abandon, de l’absence d’information ou continuer la route en rendant grâce pour cette nouvelle vie que m’avait permise de vivre ma mère biologique. Je choisis la deuxième. Mon passé coulait en moi et cela comme tout être vivant qui vit de son histoire passée et de son présent. La question pour chacun, adopté ou non est : que voulons-nous faire de notre avenir? Le mien je le voulais aux couleurs de l’arc en ciel. Celui de mes enfants: je le voulais SEREIN, SANS QUESTIONNEMENTS illégitimes.

Bientôt 13 ans après cette première naissance, 6 p’tits papillons sont venus agrandir notre foyer. La 2ème grossesse a été tortueuse, craignant que tous les tourments vécus à la précédente refassent surface. Je me suis donc montrée hyper protectrice avec le Bébé que j’attendais, avec cette petite fille qui naîtra le même jour… que sa grand-mère adoptive ( la Vie nous réserve des surprises).En regardant mes 5 filles et 2 garçons je garde et entretiens ce sentiment d’Amour inconditionnel qui me permet de leur assurer qu’aujourd’hui <<JE LES AIME PLUS QU’HIER MAIS MOINS QUE DEMAIN>>. Mon histoire de Vie est la mienne et ils construisent chaque jour leur propre histoire de Vie. Mon adoption est souvent un sujet de discussion à la maison mais j’ai appris à y répondre honnêtement, sans retenue et je m’autorise à pleurer de ce qui peut me faire mal, à rire de souvenirs d’enfance avec leurs grands-parents biologiques. Bref, à vivre comme toutes les autres mamans, avec ( peut être) cette part de fragilité plus présente, ou en tout cas, plus exprimée.

Toujours en quête d’informations, je suis en contact avec des personnes qui ont été à l’orphelinat comme moi, ou qui se sont occupés de Bébés qui leur avaient été confiés. Chaque élément, même le plus infime me permet d’apaiser à chaque fois un peu plus mes blessures les plus ancrées en moi. Aujourd’hui je n’attends rien. Je prends chaque élément nouveau comme un cadeau. Et tout cela, je le vis sereinement, accompagnée ou non de mes enfants. C’est eux qui décident de ce qu’ils veulent savoir et quand. JE NE LEUR IMPOSE. ILS SAVENT QUE JE SUIS LA.

Alors si je pouvais laisser un message auprès de vous jolies mamans, au passé inconnu, douloureux; à cette vie d’enfant adoptée: REGARDEZ LE BONHEUR  QUE VOUS CONSTURISEZ AU SEIN DE VOTRE FOYER. L’AMOUR donne des ailes, nous fait sortir de nos entrailles des capacités insoupçonnées de Partager de Bienveillance, de Réassurance. Nos enfants vivent présentement de ce qu’ils reçoivent de leurs parents, de leurs grands-parents ( y compris adoptifs) et SURTOUT: NOTRE HISTOIRE NE LEUR APPARTIENT PAS.

SOYEZ SURE DE VOUS, DE VOTRE « MOI » LE PLUS PROFOND, SOYEZ INDULGENTE AVEC VOUS-MÊME, SOYEZ FRAGILE CAR CELA VOUS REND AIMABLE ( au sens premier du terme: être aimée). L’enfant adoptée que vous êtes et que vous resterez a un MERVEILLEUX MESSAGE DE RESILIENCE à transmettre à VOS P’TITS PAPILLONS.

Embrassez fort vos p’tits papillons.

Prenez soin de vous mes jolies mamans.

En complément:

COMPRENDRE L’ENFANT ADOPTE

UN FILM A VOIR

LA JOIE EST POSSIBLE

1 commentaire sur “1”

  1. Oh ma chérie, ton billet m’a émue aux larmes… Je ne m’attendais pas à te lire ainsi, avec tant de franchise sur ce sentiment si dur à exprimer. Et pourtant tu trouves les mots justes pour toucher ton auditoire. Merci pour ce message d’amour et de tolérance, tu es une maman formidable <3

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